Je pars dans le camion d’Oliver (bientôt trentenaire, made in Autriche). Daniel (22ans made in england) Socks (3 ans from Autriche), moi et la bicyclette sommes tassées à l’arrière du petit
véhicule. Oliver, le militaire et un jeune Afghan (travaillant à Peshawar rentrant à Kabul) sont devant.
Oliver a obtenu le permis spécial pour faire la route et son visa la semaine dernière. Daniel et moi obtenons sans difficulté en 24h nos visas d’un mois pour 30 dollars à Peshawar (à Islamabad
ils demandent une lettre de recommandation de nos ambassades impossible à obtenir bien entendu).
La route de Peshawar à Kabul passe par une région tribal sans loi ni règle, via le Khyber Pass ; une escorte est obligatoire jusqu’ à la frontière afghane.
Mercredi 11 juillet vers 7h on récupère notre "escorte" : un militaire tout droit sorti du lit, les cheveux en pétard et la tête de quelqu’un qui c’est pris une cuite la veille, équipé d’un fusil
datant des années soixante dix, on ne voit pas bien en quoi cette "escorte" peut nous aider en cas de problème !!!
Le passage de frontière est une formalité, étant en véhicule privé ça me donne un aperçu des contraintes administratives du voyage en véhicule motorisé personnel (carnet de passage ….)
Vers 10h on passe en territoire Afghan, le panneau bleu "Welcome in Afghanistan" n’échappe pas à l’objectif de nos appareils photos !!
Après le Khyber Pass les paysages ont complètement changés : montagnes jaune désertiques à perte de vue, la route est de bonne qualité et la chaleur est toujours aussi écrasante.
Nous ferrons la route jusqu’ a Kabul sans s’arrêter, ayant toujours à l’esprit que cette route n’est pas sous le contrôle de l’armée ou de la police mais sous celui des talibans et donc
dangereuse pour les touristes que nous sommes particulièrement reconnaissables dans un véhicule étranger.
Vers 16h : KABUL, nous y voilà enfin, excités, contents et soulagés d’y être arrivés sans encombre.
Nous nous arrêtons dans le centre de la ville, à peine le moteur de la voiture arrêté les portières sont ouvertes par des gamins et des femmes en burka faisant la manche ...
Je suis saisie et "bousculée" par ces jeunes gamins souriants vendant quelques paquet de chewing gum, journaux ou cartes du pays, ces hommes auxquels il manque un bras ou une jambe, ces
vieillards courbés chinant un dollars et surtout ces femmes aux vieilles burka décolorées et raccommodées espérant gagner quelques afghanis.
Le soir nous irons manger le premier kebab afghan d’une longue liste dans un restaurant traditionnel, l’accueil chaleureux et honnête du patron nous donne un aperçu de l’hospitalité et la
gentillesse de ce peuple.
La journée les tables des the house envahissent les trottoirs :
La ville est constituée de différents quartiers bien distincts et très différents :
-le "centre nouveau afghan" moderne et occidentalisé, les femmes, nombreuses dans les rues, sont en pantalons ou jupes longues, veste cintrées cachant à peine les fesses, à demi voilées d’un
foulard colorés, maquillées et bijoutées à l’européenne. Les rues larges et propres sont bordées de boutiques, on n’y trouve tous les produits d’hygiènes, de cosmétiques, alimentaires,
électroménagers, informatiques, et beaucoup de produit importés (j’ai même vu dans plusieurs supermarket du camembert Président, du Boursin et du Roquefort fabriqués en France !!)
-le coin international des expatries aux cafés et restos chiques
-le quartier des ambassades aux grandes villas gardées par des polices privées, habitées par les ambassadeurs, les riches afghans et arabes et les travailleurs des ONG, les ruelles sont défoncées
mais ici ne circulent que des gros 4*4 flambants neufs.
-les "quartiers -villages" aux maisons de terre et ruelles poussiéreuses encerclent la ville
-et
les quartiers de la vieille ville aux sinistres immeubles, pour certains en parti détruit par les bombardements. Les ruelles du bazar et le marché aux oiseaux rendent ce quartier vivant,
chaleureux et nous rappelle la vie traditionnelle afghane :
Ces deux derniers sont traditionnels : beaucoup moins de femmes dans les rues, la plupart portent la burka, le tchador ou de grands manteaux noir et foulards sombre.
La vieille ville grouille de monde, d’hommes, de flâneurs, de chineurs, de petits vendeurs et de mendiants.
A la sortie de la ville, les quartiers populaires ont particulièrement soufferts des bombardements et leur reconstruction attend
Nous avons eu la chance d être hébergés dans l’appartement-bureau luxueux d’une compagnie chinoise. (A Kabul les hébergements sont autour de 15 dollars par personne).
L'immeuble dans lequel nous logeions :
Et l'immeuble d'en face :
Il fait très chaud la journée mais les soirées sont très agréables et tranquilles (beaucoup plus que celles d Islamabad !!) et nous passerons nos nuits sur le toit de l’immeuble à contempler les
lumières de la ville, écouter le calme et le silence de cette capitale en parlant des heures de nos voyages, de la vie qui nous aide, et de cette ville qui nous surprend, de ces gens qui nous
"bousculent", de ces femmes qui se lamentent et qui nous donnent envie pleurer, de ces vieillards qui nous touchent, de ces maisons détruites nous rappelant les récentes guerres, de ces murs
criblés de balles .... Au cours de ces douces nuits je souffle des "KABUL" aux étoiles... j’ai bien du mal à y croire .... "Kabul" ... j’y suis vraiment, ça n’est pas un rêve ... Encore un "Kabul "
lancé à cette ville mythique ... la douceur de l’atmosphère a chassé la notion temps... Kabul change de couleur : du bleu nuit au bleu de plus en plus claire ... "Kabul " ….. il est déjà 4h, les
premiers rayons dorés du soleil pointent sur la ville ... dernier "Kabul" jeté aux lumières de la ville avant d’aller piquer un somme avant une nouvelle journée à flâner dans ces ruelles ...
"Kabul"
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